Adopt me

Mis à part les mouvements écologiques récents, la société actuelle, société de consommation de masse, permet d’obtenir à peu près n’importe quoi facilement et de le jeter / détruire / recycler rapidement lorsque l’on n’en veut plus.

On multiplie la consommation d’objets à usage unique et les constructeurs fabriquent des objets qui ne sont pas fait pour durer.  Cela pousse à la consommation encore et encore. Mais est-ce que tout peut entrer dans le commerce ? Qu’en est-il d’un enfant ? Jusqu’où un couple d’un pays développé peut-il aller pour obtenir un enfant ? De prime abord, l’adoption paraît être une magnifique institution : permettre de rendre heureuse une famille qui n’a pas d’enfant et permettre de rendre heureux un enfant qui n’a pas de famille … mais est-ce si simple ?

Les adoptions en France sont à 75% des adoption internationales. En 2008, 3 271 enfants étrangers ont été adoptés par des familles françaises (dont 731 haïtiens et 484 éthiopiens) contre moins de 1000 adoptions d’enfants français. En ce qui concerne les adoptions internationales, la convention de La Haye (en vigueur depuis le 1er mai 1995) est ratifiée par seulement 75 États (sur Terre il y a actuellement 192 États). Ce texte n’est donc pas applicable à toutes les adoptions. Les adoptions d’enfants entre cocontractants à la Convention permettent de garantir les droits de l’enfant et notamment de respecter “l’intérêt supérieur de l’enfant“.

Pour les 117 autres États ou si l’adoptant ou l’adopté seulement est d’origine d’un de ces États, il n’existe plus aucune garantie en Droit International pour protéger les enfants. Les enfants adoptés peuvent êtres volés ou achetés à leur famille d’origine. Le trafic d’enfants pour l’adoption existe réellement. Ceux qui prennent les enfants font souvent croire qu’ils feront des études à l’étranger mais les parents ne revoient jamais leurs enfants …

A présent que se passe-t-il après l’adoption ? Est-ce que les enfants adoptés vivent aussi bien que les autres avec leur nouveau papa et leur nouvelle maman ? “30% des familles adoptives connaissent de graves difficultés, soit une sur trois, au lieu d’une sur sept (15%) chez les autres“. Chaque famille connait des difficultés mais elles ne sont pas toutes capables d’assumer les difficultés d’un enfant dont elles n’ont pas donné naissance elles-même.  Certaines familles adoptives “rendent” les enfants en se plaignant : qu’il est difficile et qu’on ne les avait pas prévenu, qu’il ne “s’acclimate pas à la France”, que ses problèmes sont héréditaires et qu’il ne peuvent rien y faire … Certains adoptants “rendent” l’enfant quand ils arrivent à avoir des enfants naturels.

Le nouvel abandon perturbe bien évidemment l’enfant. Cela me perturbe moi aussi : des parents qui achètent un enfant à l’étranger puis le rendent parce qu’il ne leur plaît plus … Un enfant est-il une marchandise ? Quelle est la limite à l’économie ?

9 réactions à “Adopt me”

  1. Arthur says:

    Ça doit rapporter en plus revendeur d’enfants ! Faudrais que je vois si c’est un commerce rentable.

  2. Chris says:

    C’est bien ce que je dis, il ne faut pas faire de gosse !

  3. Bien sur que oui, l’enfant devient une marchandise comme une autre dans des « supermarchés de l’adoption » que sont ces orphelinats autochtone des pays-sources.
    J’aime que vous utilisez le terme « marchandise » : c’est celui que j’ai mis sur le site de la « Clinique de l’Adoption ® » (www.cliniquedeladoption.eu).
    Vous possédez semble-t-il bien des connaissances en la matière. Avez-vous d’autres statistiques à ce propos : par exemple, le taux d’enfants adoptés en France, et celui parmi eux qui sont placés ?
    Ceci serait fort intéressant, car si je sais que le taux d’enfant adoptés et placés est supérieur à celui de l’ensemble des enfants adoptés en France, j’ignore dans quelle proportion.
    En Belgique, elle est également plus élevée, mais je n’en obtiens pas les chiffres des services fédéraux ou fédérés concernés. Et pour cause, ils sont… tout à la cause de l’adoption.
    Le fait est que ces enfants sont extrêmement malheureux dans leur famille d’adoption, au point d’en arriver à la prédélinquance, sinon à la délinquance ou à la criminalité, jusqu’aux crimes de sang…
    L’adoption, c’est la vision « néocolonialiste » du siècle dernier face à la « misère dans laquelle ces ‘pauvres petits’ doivent ‘survivre’ ».
    Le problème est que ce 21° siècle ne prends pas encore vraiment pas conscience de cette réalité : un enfant est né pour être éduqué dans son pays. Seule la « toxicité » des familles ou de son milieu, lorsque ces enfants sont orphelins (guerre, ordre public totalement inexistant ,…) justifie l’ « éloignement » de l’enfant ; ce qui ne signifie pas encore l’ « adoption ».
    Le concept de « toxicité » du milieu est psychosocial et il en est également question sur le site de la « Clinique de l’adoption ® »
    Ce sujet est délicat et extrêmement difficiles à « faire passer » dans les milieux de l’adoption internationale.
    C’est bien simple, économiquement parlant, les OAA (Organismes d’Adoption Agréés) sont des « alliés objectifs » de trafics ignominieux d’enfants « raptés » de leur famille d’origine.
    L’ « alliance objective » est décrite sur Wiquipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alli%C3%A9_objectif).
    Même si les exemples qui y sont donnés ne sont pas très opérationnels dans ce cadre-ci, l’on peut retenir que, aussi bien les OAA se défendent de faire partie d’un vaste trafic d’enfants, aussi bien ils le sont inconsciemment (lire l’ÉDITORIAL actuel sur notre site).
    Je serais intarissable sur le sujet, mais je réserve mon temps à compléter notre site.
    Enfin, vous parlez de la « Convention De La Haye Du 29 Mai 1993 sur la Protection des Enfants
    et La Coopération en Matière D’adoption Internationale ».
    Je suis précisément occupé à la commenter sur notre site. Car si le texte est « généreux et loyal », il n’en est pas moins peu explicite sur les termes et notions qu’il emploie. Et si vous avez à ce propos des observations à faire, merci de me les communiquer… !

    En tout cas, merci et bravo pour votre courage de parler à contre courant de la « pensée unique » qui voudrait que l’adoption soit la meilleure chose qui puisse arriver à ces « pauvres petits » tandis que le parrainage d’enfants ou d’orphelinat sur place n’est que peu soutenu, même par nos instances publiques.

    Lire sur notre site sous les onglets :
    - Éditorial ;
    - La Haye : convention 1993 ;
    - En quelle terre… ?
    - L’adoption : notre opinion (et ses sous-rubriques) ;
    - Adoption = Trafic organisé ;
    - Parrainages divers ;
    - Clinique de l’Adoption ;
    - Bibliographie.
    Notre association (« A.S.B.L. » = « Association Sans but Lucratif » en Belgique, analogue aux « Association s Loi 1901 » en France, a été créée en 2008. Elle avait pris pour nom initial (qui reste en second), celui de « Réseau des Épis Mêlés ». Voir l’onglet « Accueil – Thérapies des Troubles de l’attachement ».
    « Réseau : notre souhait est en effet de constituer un véritable réseau francophone international de thérapeutes et de « militants » en accord avec nos objectifs (les statuts sont disponibles en pdf sous l’onglet « Info Légales » → « CLAREM – Statuts V29 » (CLAREM est le diminutif de «CLINIQUE DE L’ADOPTION®—RÉSEAU DES ÉPIS MÊLÉS A.S.B.L.» ). Ils sont beaucoup plus longs que les statuts standard des Association-loi 1901 car le règlement d’ordre intérieur n’est pas accessible aux tiers et ces derniers doivent connaitre tout ce qui peut les inciter ou non à contracter avec nos A.S.B.L.

    Désolé d’avoir été si long, mais je ne puis cacher ma joie de vous lire.

    [Note : écrit selon la nouvelle orthographe… donc, pas de cris d’orfraies, merci :) ]

    PS : (sans jeu de mots…) : J’ai vainement cherché le moyen de vous écrire perso, si vous le voulez bien, merci de m’envoyer un courriel pour échanger de manière plus approfondie. C’est en tout cas mon souhait.
    PR

  4. Lire : « Ce sujet est extrêmement difficile » (« difficile » au singulier… :) )

  5. En plus, on en apprend des choses à la TV : dans les Chiffres et les Lettres d’aujourd’hui…
    On ne dit pas « pousser des cris d’orfraie » mas « des cris d’effraie » (sorte de chouette. Chic, c’est chouette d’apprendre sans effroi… :)
    PR

  6. Chris says:

    Je vous trouve bien arrogants et bien sûrs de vous sur un sujet aussi délicat.
    C’est vrai qu’il faut faire attention aux trafics et ne pas en être complice.
    C’est vrai qu’il vaudrait mieux que tout soit merveilleux dans le meilleur des mondes, et que chaque individu sur terre mange à sa faim, et ait un toit sur la tête et vive dans un pays en paix…
    Et pourquoi ne pas souhaiter aussi que tout le monde soit toujours heureux??? Plus de crises, jamais, plus de tristesse plus de questionnement, plus de réflexion…
    Il se trouve que ce n’est pas le cas. La condition humaine est terrible et elle l’a toujours été.
    Personnellement je me réjouis de voir que l’adoption existe et se banalise.
    C’est vrai, ce n’est pas LA solution. J’espère comme vous qu’elle n’est que provisoire.
    Mais si j’étais une de ces mères du tiers monde n’ayant d’autre choix que de voir mon enfant mourir sous mes yeux ou être adopté, c’est immédiatement que je le donne à l’adoption!
    Si vous alliez demander aux enfants adoptés ce qu’ils en pensent?
    Pas seulement à ceux (tout de même 70%,) qui ne traversent pas de crise majeure, mais aussi aux autres, quand la crise est traversée. Après. Quand ils sont devenus adultes. Ce qu’ils en pensent. De ce choix, de leur vie, qu’auraient-ils préféré?
    Vous parlez de parrainage, c’est joli. Mais pas suffisant pour faire de vous à l’âge adulte quelqu’un qui puisse sortir du déterminisme du bidonville, de la mort précoce, de la violence.
    Allez voir ce qui arrive dans les vrais trafics d’enfants. Le travail, la prostitution, l’esclavage, la torture, le trafic d’organe, le trafic de vaccins anti-sida.
    Les enfants adoptés rencontrent des difficultés? Et alors? Heureusement! Cela prouve que les émotions sont intactes. Il y a de la souffrance? Ce qui compte c’est de pouvoir être là pour en parler, pour l’exprimer. Être suffisamment en bon état physique et moral pour la traverser, cette crise, et se construire avec son histoire. Qui est toujours unique.
    Chris

  7. Sprima says:

    Bonjour,

    je réagis à ce que je viens de lire. je rejoins ce que dit Pierre Roggemans qui nous ouvre les yeux sur un problème tabou…Mère adoptive, je sais combien le marché de l’adoption existe. je peux en témoigner. Nous nous sommes vus proposer un enfant “à vendre”. Il coûtait “autant” ! Choc, émotions, colère pour cet enfant qui n’a rien demandé à personne…Les adultes ont décidé pour lui, et on profité de sa situation d’”inférieur” ….
    Nous n’avons bien-sûr pas cédé à nos “caprices” de parents…Un enfant à tout prix : non ! Alors, nous avons refusé cette adoption…Je suis fière de dire droit dans les yeux de mes enfants aujourd’hui , le parcours qui nous a mené jusqu’à lui. Nous sommes parents pour lui avant tout. Maintenant, notre défit est de les mener à la vie adulte de manière équilibrée.

  8. Sprima says:

    Quand je parle de Pierre Roggemans, je parle aussi de la clinique de l’adoption…qui fait un travail formidable auprès des parents qui acceptent de se remettre en question.

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